lundi 27 octobre 2008

Félix Antoine Mahele : On n'est bien que chez soi


Il fait partir des rares Camerounais qui regagnent le bercail après leurs études à l'extérieur.

Il y en a qui sont contents de rentrer et c'est le cas de Félix Antoine Mahele, 40 ans. Lui qui a bénéficié de l'appui du Paric (Programme d'appui au retour des immigrants camerounais). En février 1993 il va en Allemagne. Après sept ans d'études en médecine dentaire qui sont sanctionnées en 2003 par un diplôme de chirurgien dentiste à l'université de Rostock. Il décrit son expérience dans ce pays comme "positive dans l'ensemble".
"Je me suis fait intégrer dans la société allemande, explique-t-il. J'avais conscience de ma différence, et je comprenais donc que même par curiosité, des gens se retournent dans la rue pour me regarder. J'ai parfois rencontré un manque d'acceptation dans les regards, mais je ne dirai pas que les allemands son d'emblée racistes. Et ça je ne le dis pas pour plaire aux allemands. La plus grosse difficulté que j'ai rencontrée c'était la langue".

De retour au pays en décembre 2004, Antoine Mahele intègre la Clinique dentaire adventiste de Yaoundé. Une structure qu'il connaît très bien, pour y avoir effectué deux stages pendant ses années de formation en Allemagne. Il entre en contact avec le Paric par l'intermédiaire du Wus (World university service), le partenaire allemand du Fne (Fonds national de l'emploi), dans l'opération de rapatriement des immigrants. Il profite des facilités offertes : "j'ai reçu une aide pour mon déménagement et un soutien logistique, constitué d'une unité dentaire, d'un appareil de stérilisation, d'un détartreur, des instruments pour plombage et pour extraction, d'un amalgameur et d'un ordinateur portable, le tout pour une valeur de 6,5 millions. Mais l'emploi que j'ai aujourd'hui, c'est grâce à un contact personnel."

M. Mahele pose cependant sur le Paric un regard mitigé. "Les activités du Paric sont pour le moment à encourager, mais j'ai une inquiétude. Sa conception ne permet pas de s'installer en clientèle privée. Les aides s'inscrivent forcément dans un cadre social. Toute l'aide logistique que l'on reçoit est mise à la disposition des employeurs. Après deux ans ces derniers décident souverainement de ce qu'ils vont en faire. Et généralement ils gardent tout le matériel pour leur service. Et puis en janvier 2005, l'Allemagne a adopté une loi qui facilite l'accès à l'emploi pour les immigrants. Depuis ce temps je n'ai eu vent d'aucun retour."

Comme issue de secours Antoine Mahele propose de "créer des structures permettant aux immigrés de créer des emplois directs, en accordant des crédits par exemple, dans un cadre bien suivi, pour éviter que les fonds soient dilapidés ou mal utilisés. On pourrait également proposer aux Allemands, poursuit-il, d'ouvrir ici, des succursales de leurs entreprises qui emploieraient des camerounais qui auront été formés chez eux. On peut tout aussi créer une bourse de travail où l'offre de la diaspora et la demande au pays pourront facilement se rencontrer".

P. A. (Stagiaire)

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